Quentin Tarantino a réalisé neuf longs métrages entre 1992 et 2019, en comptant les deux volumes de Kill Bill comme un seul film, ce qui correspond à sa propre méthode de décompte. Pour découvrir son œuvre, l’ordre chronologique de sortie reste le plus cohérent : commencer par Reservoir Dogs (1992), puis enchaîner avec Pulp Fiction (1994), permet de saisir l’évolution de son écriture, de ses obsessions narratives et de sa maîtrise du dialogue avant d’aborder les fresques plus ambitieuses de la seconde moitié de carrière.
Neuf films, de Reservoir Dogs à Once Upon a Time in Hollywood
La filmographie complète de Tarantino en tant que réalisateur se résume à une liste courte, selon sa page Wikipedia et sa fiche Allociné.
| # | Film | Année | Genre dominant |
|---|---|---|---|
| 1 | Reservoir Dogs | 1992 | Thriller, braquage |
| 2 | Pulp Fiction | 1994 | Policier, récit choral |
| 3 | Jackie Brown | 1997 | Policier, adaptation |
| 4 | Kill Bill (vol. 1 et 2) | 2003-2004 | Arts martiaux, vengeance |
| 5 | Boulevard de la mort (Death Proof) | 2007 | Slasher, cascades |
| 6 | Inglourious Basterds | 2009 | Guerre, uchronie |
| 7 | Django Unchained | 2012 | Western, esclavage |
| 8 | Les Huit Salopards | 2015 | Huis clos, western |
| 9 | Once Upon a Time in Hollywood | 2019 | Drame, Hollywood 1969 |
Tarantino a déclaré à plusieurs reprises vouloir s’arrêter après dix films. Kill Bill comptant pour un seul à ses yeux, il lui en reste un. Le projet le plus souvent évoqué dans la presse spécialisée est The Movie Critic, annoncé puis repoussé.
Quel ordre pour regarder ses films ?
L’ordre de sortie en salles fonctionne le mieux. Reservoir Dogs pose les bases (dialogues longs, chronologie éclatée, violence sèche), Pulp Fiction les perfectionne, et Jackie Brown montre un Tarantino plus patient, influencé par le cinéma de blaxploitation des années 1970. À partir de Kill Bill, le ton bascule vers des hommages de genre assumés, où chaque film réinvente un registre : le wu xia pian, le western spaghetti, le film de guerre.
Certains spectateurs préfèrent entrer par Pulp Fiction, le plus célèbre et celui qui a remporté la Palme d’or à Cannes en 1994. Le risque, avec ce choix, est de trouver Reservoir Dogs plus modeste après coup, alors que sa construction en huis clos reste un modèle du genre, comparable dans sa mécanique narrative à ce que propose Usual Suspects avec ses fausses pistes.
Les motifs qui relient les neuf films entre eux
Quelques fils reviennent d’un film à l’autre. Le plus visible : les personnages partagent un même univers fictif. Les cigarettes Red Apple, la chaîne de restaurants Big Kahuna Burger et le feuilleton télévisé fictif que regardent certains personnages tissent un réseau de clins d’œil entre Pulp Fiction, Kill Bill et Les Huit Salopards. L’attention portée aux pieds féminins, les plans rapprochés sur les coffres de voiture, les conversations triviales qui précèdent une explosion de violence : autant de signatures reconnaissables dès le deuxième visionnage.
La vengeance structure presque chaque scénario. Kill Bill la déroule frontalement, Django Unchained la mêle à une fresque historique, Inglourious Basterds la transforme en fantasme collectif. Pour qui s’intéresse à ce thème poussé dans ses retranchements, l’analyse d’Old Boy offre un contrepoint utile, centré sur les conséquences morales de la vengeance plutôt que sur sa jouissance.
Où trouver ces films en France aujourd’hui ? La plupart circulent entre les catalogues de Prime Video, Netflix et les offres de location sur les plateformes. Un comparatif des abonnements streaming orientés cinéma aide à repérer lesquels proposent du catalogue de patrimoine, catégorie dans laquelle les premiers Tarantino commencent à entrer.
Julien Marceau suit le cinéma depuis vingt ans, d'abord en salle obscure puis en salle de montage. Formé à la critique dans les revues indépendantes, il a couvert une quinzaine d'éditions de festivals, de Gérardmer à Cannes, et signe pour Versus Mag des décryptages, des portraits de cinéastes et des guides de visionnage. Il défend une idée simple : un film se raconte mieux quand on explique comment il a été fabriqué.
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