Samedi 24 octobre 2026Contrepoint de vue sur le cinéma

Bong Joon-ho : les films à voir avant et après Parasite

Avant Parasite (2019), Bong Joon-ho avait déjà réalisé six longs métrages, dont trois considérés comme majeurs par la critique internationale : Memories of Murder (2003), The Host (2006) et Mother (2009). Commencer par ces trois titres, dans cet ordre chronologique, permet de saisir la méthode du cinéaste sud-coréen, ce mélange de genres où le polar glisse vers la satire sociale sans prévenir.

On le verra plus bas, chaque film affine un dispositif que Parasite pousse à son terme : l’espace domestique comme piège, la classe sociale comme moteur narratif, le basculement de ton au milieu d’une scène.

Sept longs métrages en vingt ans : la filmographie dans l’ordre


Film | Année | Genre dominant
Barking Dogs Never Bite | 2000 | Comédie noire
Memories of Murder | 2003 | Thriller policier
The Host | 2006 | Film de monstre, satire
Mother | 2009 | Drame policier
Snowpiercer | 2013 | Science-fiction, action
Okja | 2017 | Aventure, fable écologique
Parasite | 2019 | Thriller social

La liste complète est consultable sur la fiche Wikipédia du réalisateur, qui recense également ses courts métrages de jeunesse. Barking Dogs Never Bite, son premier film, reste le moins distribué en Europe : il pose pourtant les bases d’un humour grinçant que l’on retrouve dans toute la suite.

Voir aussi Les frères Coen : comédie noire et fatalité, par où commencer

Memories of Murder, The Host, Mother : le trio à voir en priorité

Memories of Murder reconstitue l’enquête sur le premier tueur en série identifié en Corée du Sud, entre 1986 et 1991. Le film fonctionne autant comme polar rural que comme portrait d’une police dépassée sous régime autoritaire. The Host transforme un film de monstre en charge contre la bureaucratie et la présence militaire américaine, avec une famille dysfonctionnelle au centre du récit. Franchement, peu de blockbusters coréens de cette époque mêlent aussi bien l’effroi et le grotesque. Mother, plus resserré, suit une femme prête à tout pour innocenter son fils accusé de meurtre : c’est le film le plus proche de Parasite par sa construction en huis clos progressif.

Les amateurs de cinéma coréen qui apprécient ce registre de tension morale retrouveront un ressort comparable dans l’analyse d’Old Boy sur le site.

Snowpiercer et Okja : les films anglophones à ne pas négliger

Avant la Palme d’or, Bong Joon-ho avait tourné deux productions internationales. Snowpiercer (2013), adapté de la bande dessinée française Le Transperceneige, transpose la lutte des classes dans un train en mouvement perpétuel. Okja (2017), produit par Netflix, aborde l’industrie agroalimentaire à travers l’amitié entre une fillette et un animal génétiquement modifié. Ces deux films partagent avec Parasite une structure verticale (le train, le laboratoire, la maison à étages) où la position physique des personnages traduit leur place dans la hiérarchie. Leur fiche détaillée figure sur la page IMDB de Bong Joon-ho.

Ceux qui s’intéressent à d’autres cinéastes passés d’un cinéma national à des productions hollywoodiennes peuvent consulter le parcours de Denis Villeneuve, qui suit une trajectoire comparable du Québec à Dune.

Quel est le meilleur film de Bong Joon-ho ?

Parasite reste le plus récompensé (Palme d’or 2019, quatre Oscars dont celui du meilleur film, selon les données de l’Académie des Arts et Techniques du Cinéma), mais Memories of Murder domine régulièrement les sondages critiques, notamment dans le classement Sight & Sound du British Film Institute. Le choix dépend du registre recherché : tension policière pour Memories of Murder, mécanique sociale pour Parasite, spectacle pour The Host. Le plus sûr reste de vérifier la disponibilité sur les plateformes de streaming et de commencer par celui qui est accessible.

Julien Marceau
Julien Marceau

Julien Marceau suit le cinéma depuis vingt ans, d'abord en salle obscure puis en salle de montage. Formé à la critique dans les revues indépendantes, il a couvert une quinzaine d'éditions de festivals, de Gérardmer à Cannes, et signe pour Versus Mag des décryptages, des portraits de cinéastes et des guides de visionnage. Il défend une idée simple : un film se raconte mieux quand on explique comment il a été fabriqué.

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