Lundi 24 août 2026Contrepoint de vue sur le cinéma

Rocky et Creed : l’ordre complet des neuf films

Neuf films, quarante-sept ans d’écart entre le premier et le dernier, deux héros liés par le sang et la sueur : la saga Rocky-Creed est l’une des franchises les plus longues de l’histoire du cinéma américain. Pourtant, contrairement à d’autres univers qui multiplient les timelines et les reboots, celle-ci suit un fil chronologique unique. Chaque film reprend là où le précédent s’arrêtait. C’est un avantage considérable pour le spectateur, mais encore faut-il connaître l’ordre exact, surtout quand les plateformes de streaming affichent les titres dans le désordre. Je détaille ici la liste complète, film par film, avec les informations essentielles pour s’y retrouver.

Dans cet article

  • La saga compte neuf films sortis entre 1976 et 2023, tous reliés par une chronologie linéaire
  • L’ordre de sortie en salles correspond exactement à l’ordre chronologique de l’histoire : pas besoin de réorganiser le visionnage
  • Le passage de témoin entre Rocky Balboa et Adonis Creed s’opère dans Creed (2015), septième film de la franchise
  • Rocky IV a fait l’objet d’un director’s cut en 2021 (Rocky IV: Rocky vs. Drago), qui remplace environ 40 minutes de métrage
  • Creed III (2023) est le premier film de la saga où Sylvester Stallone n’apparaît pas à l’écran
  • Un quatrième volet Creed est en développement chez MGM, sans date de sortie confirmée à ce jour

L’ordre de sortie des neuf films

La franchise Rocky-Creed se compose de neuf longs-métrages sortis en salles entre 1976 et 2023. Voici la liste dans l’ordre de sortie, qui est aussi l’ordre narratif :

  1. Rocky (1976)
  2. Rocky II : La Revanche (1979)
  3. Rocky III : L’Œil du tigre (1982)
  4. Rocky IV (1985)
  5. Rocky V (1990)
  6. Rocky Balboa (2006)
  7. Creed : L’Héritage de Rocky Balboa (2015)
  8. Creed II (2018)
  9. Creed III (2023)

Le fait que l’ordre de sortie et l’ordre de l’histoire coïncident simplifie grandement le visionnage. C’est un cas de figure assez rare pour une saga aussi longue : à titre de comparaison, les franchises Fast and Furious ou X-Men demandent des réorganisations pour suivre la chronologie interne.

Les marches du musée de Philadelphie, décor mythique de l'entraînement de Rocky Balboa
Les marches du musée de Philadelphie, décor mythique de l’entraînement de Rocky Balboa

Voir aussi Dune au cinéma : les adaptations, leurs différences et l’ordre à suivre

Tableau récapitulatif : dates, réalisateurs et durées

Ce tableau rassemble les données techniques essentielles de chaque film. Les durées indiquées sont celles des versions cinéma.

Film Année Réalisateur Durée Héros principal
Rocky 1976 John G. Avildsen 119 min Rocky Balboa
Rocky II 1979 Sylvester Stallone 119 min Rocky Balboa
Rocky III 1982 Sylvester Stallone 99 min Rocky Balboa
Rocky IV 1985 Sylvester Stallone 91 min Rocky Balboa
Rocky V 1990 John G. Avildsen 104 min Rocky Balboa
Rocky Balboa 2006 Sylvester Stallone 102 min Rocky Balboa
Creed 2015 Ryan Coogler 133 min Adonis Creed
Creed II 2018 Steven Caple Jr. 130 min Adonis Creed
Creed III 2023 Michael B. Jordan 116 min Adonis Creed

On remarque que Stallone a réalisé quatre des six films Rocky, tandis que chaque volet Creed a été confié à un réalisateur différent. Cette rotation a donné à la trilogie Creed une identité visuelle propre à chaque opus.

La saga Rocky originale : six films fondateurs

Rocky (1976) : le miracle indépendant

Tout commence avec un scénario écrit par Stallone lui-même, vendu à condition qu’il tienne le rôle principal. Produit pour environ 1,1 million de dollars, Rocky en rapporte plus de 225 millions dans le monde et remporte l’Oscar du meilleur film. Le long-métrage raconte l’ascension de Rocky Balboa, boxeur modeste de Philadelphie, choisi par le champion du monde Apollo Creed pour un combat-exhibition. Le film ne mise pas sur la victoire mais sur l’endurance : Rocky perd aux points, mais il tient la distance. C’est cette philosophie, aller au bout plutôt que gagner, qui fonde l’ADN de toute la saga. Pour comprendre ce qu’un film indépendant peut accomplir face aux studios, je recommande aussi la filmographie de Christopher Nolan, autre exemple de parcours singulier.

Rocky II (1979) : la revanche

Stallone passe derrière la caméra pour la première fois. Le scénario reprend immédiatement après le combat du premier film. Rocky et Adrian se marient, Rocky enchaîne les petits boulots, et la revanche contre Apollo Creed devient inévitable. Cette fois, Rocky remporte le titre par KO au quinzième round. Le film installe le schéma narratif que la saga suivra : un conflit personnel mêlé à la préparation du combat.

Rocky III (1982) : l’arrivée de Clubber Lang

Mr. T incarne Clubber Lang, adversaire brutal qui bat Rocky et provoque indirectement la mort de son entraîneur Mickey (Burgess Meredith). C’est Apollo Creed, ancien rival devenu ami, qui prend la relève comme coach. Le film introduit le thème du champion devenu trop confortable, un ressort que la saga réutilisera. La bande originale, avec « Eye of the Tiger » de Survivor, reste l’un des morceaux les plus iconiques du cinéma des années 1980.

Rocky IV (1985) : la Guerre froide sur le ring

Le plus commercial et le plus emblématique de la série. Ivan Drago (Dolph Lundgren), boxeur soviétique surhumain, tue Apollo Creed lors d’un combat-exhibition. Rocky part combattre Drago à Moscou le soir de Noël. Le film dure 91 minutes, dont près d’un tiers est occupé par des montages musicaux. C’est un produit pur de son époque, un condensé de propagande reaganienne assumée. Malgré ses raccourcis narratifs, il a généré plus de 300 millions de dollars au box-office mondial et reste le plus rentable de la saga originale, selon les données compilées par la page Wikipedia de la franchise.

Le coin du ring, théâtre de tous les combats de la franchise Rocky et Creed
Le coin du ring, théâtre de tous les combats de la franchise Rocky et Creed

Rocky V (1990) : le faux pas

John G. Avildsen revient à la réalisation, mais le résultat divise. Rocky, ruiné par son comptable, retourne dans son quartier et prend sous son aile un jeune boxeur, Tommy Gunn (Tommy Morrison). Le film se termine par un combat de rue, pas par un match officiel, ce qui a dérouté le public. Rocky V reste le plus faible au box-office de la franchise et Stallone lui-même a exprimé publiquement ses réserves sur le résultat final.

Rocky Balboa (2006) : le retour inattendu

Seize ans après Rocky V, Stallone ramène son personnage pour un dernier tour. Rocky est veuf, tient un restaurant italien à Philadelphie, et vit dans la nostalgie. Une simulation informatique le désigne comme vainqueur potentiel face au champion en titre Mason Dixon. Le combat a lieu, Rocky tient la distance mais perd aux points : la boucle est bouclée avec le premier film. Le long-métrage a été accueilli comme une réhabilitation du personnage après le faux pas de Rocky V.

La trilogie Creed : le passage de témoin

Creed (2015) : Adonis entre dans l’arène

Ryan Coogler, alors âgé de 29 ans, réalise ce qui est formellement le septième film de la franchise. Adonis Johnson, fils illégitime d’Apollo Creed, quitte Los Angeles pour Philadelphie afin de convaincre Rocky Balboa de l’entraîner. Le film fonctionne à la fois comme un récit autonome et comme un hommage à la saga originale. La séquence du premier combat filmée en un plan-séquence ininterrompu est devenue un morceau d’anthologie. Stallone, dans le rôle du mentor vieillissant, a obtenu une nomination à l’Oscar du meilleur second rôle. Pour une autre franchise qui a su transmettre son héritage, voyez l’ordre de la saga La Planète des singes.

Creed II (2018) : les fils face à l’héritage

Steven Caple Jr. prend la relève derrière la caméra. Adonis affronte Viktor Drago, fils d’Ivan Drago, celui qui a tué son père Apollo dans Rocky IV. Le film boucle un arc narratif ouvert 33 ans plus tôt. Stallone est toujours présent comme entraîneur et figure paternelle. Dolph Lundgren reprend le rôle d’Ivan Drago avec une profondeur que Rocky IV ne lui offrait pas : un ancien champion déchu, exilé en Ukraine, qui projette sa revanche sur son fils.

Creed III (2023) : l’émancipation

Michael B. Jordan réalise son premier long-métrage et signe un tournant : c’est le premier film de la franchise où Rocky Balboa n’apparaît pas. L’adversaire n’est plus un rival sportif venu de l’étranger mais Damian Anderson (Jonathan Majors), un ami d’enfance d’Adonis, sorti de prison après dix-huit ans. Le film puise dans le cinéma japonais, notamment les anime de boxe, pour ses séquences de combat stylisées. Il a rapporté 275 millions de dollars dans le monde, confirmant la viabilité commerciale de la trilogie Creed sans la présence de Stallone. Cette capacité à renouveler une saga par un changement de protagoniste rappelle le virage opéré par la franchise Jurassic World vis-à-vis de Jurassic Park.

Voir aussi Hunger Games : l’ordre des films avec la préquelle

Le director’s cut de Rocky IV : faut-il le préférer ?

En novembre 2021, Stallone a sorti Rocky IV: Rocky vs. Drago – The Ultimate Director’s Cut. Cette version remonte intégralement le film : environ 40 minutes de métrage inédit remplacent des séquences coupées ou raccourcies dans la version de 1985. Le robot domestique offert à Paulie disparaît, le personnage d’Apollo bénéficie de scènes supplémentaires, et le ton global est plus dramatique.

Faut-il le regarder à la place de l’original ? Cela dépend de ce que l’on cherche. La version 1985 est un document culturel de la Guerre froide, excessive et jouissive. Le director’s cut est un film plus équilibré, plus centré sur les personnages. Pour un premier visionnage de la saga, je conseille la version originale de 1985, puis le director’s cut en complément. Ni l’une ni l’autre ne modifie les événements de la saga : Apollo meurt, Rocky combat Drago, l’issue est la même.

Coffrets et Blu-ray de la saga pour un marathon de visionnage dans l'ordre
Coffrets et Blu-ray de la saga pour un marathon de visionnage dans l’ordre

Ordre chronologique ou ordre de sortie : que choisir ?

La question se pose pour beaucoup de sagas. Dans le cas de Rocky-Creed, la réponse est simple : les deux ordres sont identiques. Chaque film se déroule à l’époque de sa sortie en salles, et chaque suite reprend le fil narratif du précédent. Il n’y a ni prequel, ni flashforward, ni timeline alternative. C’est un confort rare, que des franchises comme Terminator ou Halloween n’offrent pas.

La seule question légitime est : peut-on commencer par Creed sans avoir vu les Rocky ? Techniquement, oui. Ryan Coogler a conçu Creed pour fonctionner de manière autonome. Mais l’impact émotionnel de la relation entre Adonis et Rocky, la charge symbolique du nom Creed, et la résonance du combat de Creed II avec Rocky IV perdent considérablement si l’on n’a pas vu les films précédents. Je recommande de commencer par Rocky (1976), quitte à accélérer sur les épisodes intermédiaires.

Pour ceux qui ont peu de temps, voici un parcours essentiel en cinq films :

  1. Rocky (1976) : le fondement de tout
  2. Rocky III (1982) : l’amitié Rocky-Apollo
  3. Rocky IV (1985) : la mort d’Apollo, événement déclencheur de toute la trilogie Creed
  4. Creed (2015) : le renouveau
  5. Creed II (2018) : la boucle narrative avec les Drago

Où regarder la saga légalement en France

La disponibilité des films change régulièrement selon les accords de diffusion. Au moment où j’écris ces lignes, voici les principaux canaux légaux :

  • Achat ou location numérique : l’intégralité de la saga est disponible à l’achat sur les plateformes comme Apple TV, Google Play Films et Amazon Prime Video. C’est la solution la plus fiable pour avoir accès aux neuf films en permanence.
  • Abonnements streaming : la présence des films varie selon les mois. Les Rocky ont notamment été disponibles sur Amazon Prime Video et les Creed sur Canal+. Je conseille de vérifier sur un outil de recherche de plateforme avant de s’abonner.
  • Supports physiques : des coffrets Blu-ray regroupant les six Rocky ou l’intégralité Rocky-Creed existent. Pour les amateurs de qualité d’image, le Blu-ray 4K de Rocky (1976) offre un transfert remarquable du grain argentique d’origine.

Quel que soit le support choisi, je rappelle qu’il est toujours préférable de passer par des plateformes légales pour soutenir les ayants droit et garantir une qualité de visionnage optimale. La page du CNC recense les offres légales disponibles en France.

L’avenir de la franchise : Creed IV et au-delà

La question revient souvent : est-ce que Creed 4 est sorti ? À la date de rédaction de cet article, non. Un quatrième volet est en développement chez MGM, avec Michael B. Jordan impliqué en tant que producteur et potentiellement réalisateur. Aucune date de sortie officielle n’a été communiquée.

Côté Rocky, Stallone avait évoqué un projet intitulé Rocky VII dans plusieurs interviews, mais le statut de ce film reste incertain. Les droits de la franchise appartiennent à Irwin Winkler et à ses producteurs historiques, un sujet de friction publique avec Stallone qui a exprimé à plusieurs reprises son regret de ne pas détenir de participation dans la franchise qu’il a créée. Cette situation complique tout projet solo centré sur Rocky en dehors de l’univers Creed.

Ce qui est certain, c’est que la franchise a prouvé sa capacité à se réinventer. En passant de Rocky à Creed, elle a accompli ce que peu de sagas réussissent : changer de protagoniste sans perdre son public. Comme je l’ai observé en couvrant des sagas aussi différentes que Mission : Impossible ou John Wick, la longévité d’une franchise tient moins à son personnage qu’à la clarté de son identité narrative. Et Rocky-Creed sait exactement ce qu’elle raconte : des histoires de transmission, de résilience et de rounds qu’on refuse d’abandonner.

À retenir

  • Regardez les neuf films dans l’ordre de sortie : c’est aussi l’ordre chronologique de l’histoire
  • Si vous manquez de temps, le parcours essentiel en cinq films (Rocky, Rocky III, Rocky IV, Creed, Creed II) couvre l’arc narratif principal
  • Pour Rocky IV, commencez par la version originale de 1985 et gardez le director’s cut pour un second visionnage
  • Vérifiez la disponibilité sur les plateformes avant de vous abonner : les droits de diffusion changent régulièrement
  • Creed III fonctionne seul, mais gagne considérablement en émotion si vous avez vu au moins Rocky et Rocky IV

Questions fréquentes


Quel ordre pour regarder les Rocky et les Creed ?

L’ordre de sortie est le meilleur choix : Rocky (1976), Rocky II (1979), Rocky III (1982), Rocky IV (1985), Rocky V (1990), Rocky Balboa (2006), Creed (2015), Creed II (2018) et Creed III (2023). Cet ordre correspond aussi à la chronologie de l’histoire.

Pourquoi Rocky n’apparaît pas dans Creed III ?

Sylvester Stallone a choisi de ne pas participer à Creed III. Plusieurs facteurs ont joué : un désaccord public avec les producteurs concernant les droits de la franchise, et la volonté du réalisateur Michael B. Jordan de centrer le récit entièrement sur Adonis Creed. Dans le film, l’absence de Rocky est expliquée par son éloignement géographique pour renouer avec son fils Robert.

Est-ce que Creed 4 est sorti ?

Non, Creed 4 n’est pas encore sorti. Le projet est en développement chez MGM avec Michael B. Jordan impliqué comme producteur, mais aucune date de sortie officielle n’a été annoncée.

Peut-on regarder Creed sans avoir vu les films Rocky ?

C’est possible : Ryan Coogler a conçu Creed (2015) pour être compréhensible sans les films précédents. Cependant, la relation entre Adonis et Rocky, le poids du nom Creed et surtout l’impact émotionnel de Creed II (lié directement à Rocky IV) perdent beaucoup de leur force sans la connaissance de la saga originale.

Quel est le meilleur film de la saga Rocky-Creed ?

C’est une question de goût, mais le consensus critique place le Rocky original (1976) au sommet, suivi de Creed (2015). Rocky a remporté l’Oscar du meilleur film et reste salué pour son scénario et son authenticité. Creed est considéré comme le meilleur renouveau de la franchise, grâce à la mise en scène de Ryan Coogler et à l’interprétation de Michael B. Jordan. Rocky IV, s’il est le plus populaire, est davantage apprécié pour sa valeur iconique que pour ses qualités narratives.

Combien de films Rocky et Creed existent au total ?

La franchise compte neuf films au total : six Rocky (1976 à 2006) et trois Creed (2015 à 2023). Si l’on ajoute le director’s cut de Rocky IV sorti en 2021, ce n’est pas un film distinct mais une version remontée du quatrième opus.


Julien Marceau
Julien Marceau

Julien Marceau suit le cinéma depuis vingt ans, d'abord en salle obscure puis en salle de montage. Formé à la critique dans les revues indépendantes, il a couvert une quinzaine d'éditions de festivals, de Gérardmer à Cannes, et signe pour Versus Mag des décryptages, des portraits de cinéastes et des guides de visionnage. Il défend une idée simple : un film se raconte mieux quand on explique comment il a été fabriqué.

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