Dix films, trois cycles narratifs distincts, plus d’un demi-siècle d’écart entre le premier et le dernier : la saga La Planète des singes est l’une des franchises les plus longues de l’histoire du cinéma, et pourtant l’une des plus mal comprise en termes de continuité. Faut-il commencer par le classique de 1968, par le reboot de 2011, ou par le tout récent Le Nouveau Royaume sorti en 2024 ? La réponse dépend de ce que vous cherchez, et cet article détaille chaque option pour que vous fassiez votre choix en connaissance de cause.
Dans cet article
- La franchise compte 10 films répartis en trois cycles narratifs indépendants, plus un remake isolé de 2001
- Le cycle original (1968-1973) comprend 5 films formant une boucle temporelle complète
- La trilogie reboot (2011-2017) avec Andy Serkis en César constitue le point d’entrée le plus accessible
- Le film de Tim Burton (2001) est un standalone sans lien narratif avec les autres volets
- L’ordre chronologique fictif et l’ordre de sortie divergent fortement : je recommande l’ordre de sortie par cycle
- Le Nouveau Royaume (2024) ouvre un nouveau cycle qui ne nécessite pas d’avoir vu les précédents
Sommaire
- Les trois cycles de la saga
- Ordre de sortie complet des dix films
- Le cycle original (1968-1973) : cinq films et une boucle temporelle
- Le remake de Tim Burton (2001) : un film à part
- La trilogie reboot (2011-2017) : César et la performance capture
- Le Nouveau Royaume (2024) : le début d’un nouveau cycle
- L’ordre chronologique fictif : une lecture différente
- Par où commencer selon votre profil
- Comparatif des trois cycles
Les trois cycles de la saga
Avant de détailler l’ordre planète des singes films, il faut comprendre une chose essentielle : cette franchise n’est pas une saga linéaire. Contrairement à l’univers Marvel où chaque film s’insère dans une chronologie partagée, La Planète des singes se découpe en blocs indépendants. Chaque cycle raconte sa propre version de la confrontation entre humains et primates évolués, avec ses propres acteurs, ses propres réalisateurs et sa propre logique narrative.
Le premier cycle (1968-1973) est celui des films originaux, initié par Franklin J. Schaffner avec Charlton Heston. Il comprend cinq films qui forment une boucle temporelle complexe. Le deuxième cycle est en réalité un film unique : le remake réalisé par Tim Burton en 2001 avec Mark Wahlberg, qui n’a jamais eu de suite. Le troisième cycle est la trilogie reboot (2011-2017) portée par Andy Serkis dans le rôle de César, suivie en 2024 par Le Nouveau Royaume de Wes Ball, qui amorce potentiellement un quatrième arc.
Cette structure en cycles signifie qu’il n’est pas nécessaire de tout voir pour apprécier un bloc donné. C’est à la fois la force et la source de confusion de la franchise. Comme pour les sagas Alien et Predator, chaque époque a ses propres codes et son propre ton.
Ordre de sortie complet des dix films
Voici la liste exhaustive des longs-métrages dans leur ordre de sortie en salles. C’est cet ordre que je recommande en premier lieu, car c’est celui dans lequel les créateurs ont conçu chaque film par rapport à ce qui précédait.
| Numéro | Titre français | Année | Réalisateur | Cycle |
|---|---|---|---|---|
| 1 | La Planète des singes | 1968 | Franklin J. Schaffner | Original |
| 2 | Le Secret de la planète des singes | 1970 | Ted Post | Original |
| 3 | Les Évadés de la planète des singes | 1971 | Don Taylor | Original |
| 4 | La Conquête de la planète des singes | 1972 | J. Lee Thompson | Original |
| 5 | La Bataille de la planète des singes | 1973 | J. Lee Thompson | Original |
| 6 | La Planète des singes | 2001 | Tim Burton | Remake |
| 7 | La Planète des singes : Les Origines | 2011 | Rupert Wyatt | Reboot |
| 8 | La Planète des singes : L’Affrontement | 2014 | Matt Reeves | Reboot |
| 9 | La Planète des singes : Suprématie | 2017 | Matt Reeves | Reboot |
| 10 | La Planète des singes : Le Nouveau Royaume | 2024 | Wes Ball | Nouveau cycle |
Le roman de Pierre Boulle publié en 1963 est à l’origine de tout, mais chaque adaptation s’en éloigne considérablement. Le film de 1968 en conserve le twist final ; la trilogie reboot n’en garde que le concept de base.

Le cycle original (1968-1973) : cinq films et une boucle temporelle
Le premier film, sorti en février 1968 aux États-Unis, est devenu un classique instantané. Charlton Heston y incarne l’astronaute George Taylor, échoué sur une planète où les singes dominent les humains, réduits à l’état de bêtes. La révélation finale, conçue par le scénariste Rod Serling (créateur de La Quatrième Dimension), reste l’un des retournements les plus célèbres de l’histoire du cinéma. Je ne la dévoilerai pas ici pour ceux qui ne l’auraient pas encore vu, même si elle fait partie de la culture populaire.
La suite, Le Secret de la planète des singes (1970), pousse l’histoire de Taylor plus loin avec un budget réduit et un ton nettement plus sombre. Le troisième volet, Les Évadés de la planète des singes (1971), opère un renversement narratif audacieux : deux singes, Cornelius et Zira, voyagent dans le temps et atterrissent dans le Los Angeles contemporain. C’est à partir de ce film que la saga construit sa boucle temporelle.
La Conquête de la planète des singes (1972) se déroule dans un futur proche dystopique et raconte la révolte des singes menée par César, fils de Cornelius et Zira. Le cinquième et dernier volet, La Bataille de la planète des singes (1973), conclut le cycle dans un monde post-apocalyptique où singes et humains tentent de coexister. La qualité décroît sensiblement à mesure que les budgets diminuent, mais l’ensemble forme un arc narratif cohérent et étonnamment politique pour des films de studio de l’époque.
Pour qui veut comprendre l’ADN de la franchise, ce cycle original est indispensable. Il aborde la ségrégation raciale, la guerre froide, la peur du nucléaire : des thèmes qui résonnaient fortement dans l’Amérique des années 1960-1970. En tant que critique ayant vu ces films en rétrospective à Gérardmer, j’ai été frappé par la noirceur assumée du deuxième volet, souvent sous-estimé.
Le remake de Tim Burton (2001) : un film à part
En 2001, Tim Burton réalise sa propre version avec Mark Wahlberg, Helena Bonham Carter et Tim Roth. Le film a généré 362 millions de dollars au box-office mondial, ce qui en fait un succès commercial, mais la réception critique a été mitigée. La fin, qui tente de reproduire l’effet de surprise du film de 1968, a divisé les spectateurs et reste l’un des points les plus débattus de toute la saga.
Ce qu’il faut retenir : ce film n’a aucun lien narratif avec le cycle original ni avec la trilogie reboot. Il ne s’insère dans aucune chronologie. Aucune suite n’a été produite, bien que le studio l’ait un temps envisagé. Pour établir l’ordre planète des singes films, on peut donc le considérer comme un standalone complet.
Faut-il le voir ? Si vous êtes complétiste, oui. Si vous cherchez un point d’entrée dans la saga, non. Le film a ses qualités visuelles, typiques du style de Burton, notamment les maquillages de Rick Baker qui restent remarquables. Mais il ne prépare à rien d’autre et ne prolonge rien. Comme je l’ai constaté en couvrant sa sortie, c’est un film qui fonctionne mieux quand on le détache complètement de la franchise.

La trilogie reboot (2011-2017) : César et la performance capture
C’est le cycle qui a relancé la franchise et qui constitue, à mon sens, le meilleur point d’entrée pour un spectateur d’aujourd’hui. Trois films, une progression dramatique claire, un personnage central inoubliable.
Les Origines (2011)
Réalisé par Rupert Wyatt, Les Origines raconte comment un chimpanzé nommé César, rendu intelligent par un traitement génétique expérimental, finit par mener une révolte. James Franco joue le scientifique Will Rodman, mais c’est Andy Serkis, en performance capture, qui porte le film. Le long-métrage établit aussi l’origine du virus qui décimera l’humanité, le « virus simien », un détail narratif qui structure toute la trilogie.
L’Affrontement (2014)
Matt Reeves prend la relève derrière la caméra. L’action se situe dix ans après les événements du premier film. L’humanité a été ravagée par la pandémie. César dirige une communauté de singes dans les forêts de Muir Woods, près de San Francisco, tandis qu’un groupe de survivants humains tente de rétablir le courant. La confrontation entre César et Koba, un bonobo marqué par la captivité, donne au film une dimension shakespearienne qui l’élève bien au-dessus du blockbuster standard. Ce volet est souvent considéré comme le meilleur de toute la franchise, toutes époques confondues.
Suprématie (2017)
Matt Reeves conclut la trilogie avec un film de guerre intimiste, inspiré visuellement d’Apocalypse Now et de La Grande Évasion. César affronte le Colonel, incarné par Woody Harrelson, dans un récit de captivité et de résistance. Le film a rapporté 490 millions de dollars dans le monde et offre une conclusion émouvante à l’arc de César. C’est le volet le plus sombre et le plus contemplatif de la trilogie.
Cette trilogie fonctionne de manière autonome. Elle rend hommage au cycle original par des clins d’œil discrets (le nom « César », le virus, certains plans qui évoquent le final de 1968), mais ne nécessite pas de l’avoir vu. Si vous avez apprécié la montée en puissance narrative de sagas comme Terminator, vous retrouverez ici une mécanique similaire.
Le Nouveau Royaume (2024) : le début d’un nouveau cycle
Sorti en mai 2024, La Planète des singes : Le Nouveau Royaume est réalisé par Wes Ball (Le Labyrinthe). L’action se situe plusieurs générations après la mort de César. Le personnage principal est Noa, un jeune chimpanzé dont le clan est attaqué par Proximus Caesar, un singe tyrannique qui utilise l’héritage de César pour justifier sa domination. Le film introduit aussi Mae, une jeune humaine jouée par Freya Allan, dont les motivations restent ambiguës.
Le film a récolté plus de 397 millions de dollars au box-office mondial et a été suffisamment bien reçu pour que 20th Century Studios confirme une suite. Le Nouveau Royaume est conçu comme un nouveau départ. Il ne requiert pas d’avoir vu la trilogie reboot pour comprendre l’intrigue, même si connaître l’histoire de César enrichit la lecture du personnage de Proximus.
Ce qui frappe dans ce film, c’est le changement de registre. On quitte le drame de guerre pour un récit d’aventure et d’exploration, avec des ruines de la civilisation humaine qui évoquent presque un univers post-apocalyptique à la manière de certains films de science-fiction sur les conséquences de la technologie. La photographie de Gyula Pados donne au film une texture visuelle distincte, plus lumineuse que la trilogie Reeves.
L’ordre chronologique fictif : une lecture différente
Certains spectateurs préfèrent suivre la chronologie interne de l’univers plutôt que l’ordre de sortie. Pour la trilogie reboot et le nouveau cycle, c’est simple puisque l’ordre de sortie correspond à l’ordre chronologique. En revanche, pour le cycle original, les voyages dans le temps compliquent les choses.
Si l’on devait reconstituer la chronologie fictive du cycle original, elle ressemblerait à ceci :
- Les Évadés de la planète des singes (1971) : Cornelius et Zira arrivent dans le présent (années 1970)
- La Conquête de la planète des singes (1972) : la révolte de César dans un futur proche (1991 dans le film)
- La Bataille de la planète des singes (1973) : coexistence dans un monde post-nucléaire (2670 dans le récit-cadre)
- La Planète des singes (1968) : Taylor arrive sur la planète (en l’an 3978)
- Le Secret de la planète des singes (1970) : suite directe et conclusion de Taylor
Je déconseille cet ordre pour une première découverte. Le twist du film de 1968 perd tout son impact si vous avez déjà vu Les Évadés. Comme pour la chronologie X-Men, la boucle temporelle est conçue pour être découverte dans l’ordre de production, pas dans l’ordre diégétique. L’ordre chronologique ne fonctionne que pour un revisionnage, quand vous connaissez déjà les révélations.

Par où commencer selon votre profil
La question que je reçois le plus souvent est : « Par quel film je commence ? » La réponse dépend de votre profil de spectateur. Voici mes recommandations, testées sur des amis néophytes comme sur des cinéphiles aguerris.
Vous n’avez jamais vu aucun film de la saga : commencez par la trilogie reboot (Les Origines, L’Affrontement, Suprématie). Ces trois films sont visuellement modernes, narrativement autonomes et émotionnellement prenants. Enchaînez ensuite avec Le Nouveau Royaume si vous en voulez davantage.
Vous êtes cinéphile et aimez l’histoire du cinéma : partez du film de 1968. Regardez les cinq films originaux dans l’ordre de sortie, puis passez à la trilogie reboot. Le remake de 2001 peut se voir à n’importe quel moment, il ne s’insère nulle part.
Vous voulez juste voir le dernier en date : Le Nouveau Royaume (2024) est suffisamment autonome pour être vu seul. Vous raterez quelques références à César, mais l’intrigue se comprend parfaitement sans bagage préalable.
Vous avez des enfants de 10 ans et plus : la trilogie reboot est classée PG-13 et reste accessible. Le cycle original, malgré son âge, contient des scènes qui peuvent impressionner les plus jeunes, notamment dans Le Secret. Le film de 2001 est le plus « familial » dans son ton. Consultez les recommandations d’âge sur Allociné pour chaque film avant de vous décider.
Pour trouver sur quelle plateforme chaque film est actuellement disponible, je vous renvoie à notre guide pour localiser un film sur les plateformes. Les droits de diffusion changent régulièrement ; mieux vaut vérifier au moment où vous lancez votre marathon.
Comparatif des trois cycles
Pour vous aider à choisir votre porte d’entrée, voici un tableau récapitulatif qui compare les grandes caractéristiques de chaque cycle. Les budgets sont indicatifs et correspondent au premier film de chaque cycle.
| Critère | Cycle original (1968-1973) | Remake (2001) | Trilogie reboot (2011-2017) | Nouveau cycle (2024-) |
|---|---|---|---|---|
| Nombre de films | 5 | 1 | 3 | 1 (suite confirmée) |
| Personnage central | Taylor, puis César (fils) | Leo Davidson | César (singe) | Noa |
| Technique singes | Maquillage prosthétique | Maquillage Rick Baker | Performance capture | Performance capture |
| Ton dominant | Science-fiction politique | Aventure fantastique | Drame de guerre | Aventure initiatique |
| Budget du premier film | ~5,8 M$ (1968) | ~100 M$ | ~93 M$ | ~160 M$ |
| Autonomie narrative | Suite directe entre films | Totale | Trilogie liée | Autonome |
| Accessible sans prérequis | Oui (commencer par le 1er) | Oui | Oui | Oui |
Ce tableau montre bien que chaque cycle peut se regarder indépendamment. La saga n’impose pas de visionnage linéaire de bout en bout, ce qui la distingue de franchises plus rigides comme Le Seigneur des Anneaux ou Harry Potter.
Un dernier point que je tiens à souligner : la saga La Planète des singes n’est pas qu’une série de films d’action avec des singes. À travers ses différents cycles, elle interroge la nature du pouvoir, la peur de l’autre et la capacité de l’humanité à s’autodétruire. C’est ce qui explique sa longévité. D’autres franchises de science-fiction ont disparu après un ou deux reboots ratés ; celle-ci continue de trouver des cinéastes capables de lui insuffler un nouveau souffle à chaque génération.
À retenir
- Pour une première découverte, commencez par la trilogie reboot (2011, 2014, 2017) qui est le cycle le plus accessible et le plus cohérent
- Le film de Tim Burton (2001) est un standalone total : regardez-le quand vous voulez, il ne spoile rien et rien ne le spoile
- Évitez l’ordre chronologique fictif en première lecture : il détruit le twist de 1968 qui reste efficace même aujourd’hui
- Le Nouveau Royaume (2024) fonctionne sans avoir vu les précédents, mais gagne en profondeur si vous connaissez l’histoire de César
- Vérifiez la disponibilité en streaming avant de planifier votre marathon : les droits changent fréquemment entre plateformes
Questions fréquentes
Quel est l’ordre pour regarder La Planète des singes ?
L’ordre de sortie reste le plus recommandé : les cinq films originaux (1968 à 1973), le remake de 2001 en option, la trilogie reboot (2011, 2014, 2017), puis Le Nouveau Royaume (2024). Chaque cycle étant indépendant, vous pouvez aussi commencer directement par la trilogie reboot si vous préférez un visionnage plus moderne.
Non. Le Nouveau Royaume est conçu comme un nouveau départ, avec de nouveaux personnages et une intrigue autonome. Le personnage de César y est mentionné comme une figure historique lointaine, mais le film fournit suffisamment de contexte pour que tout spectateur puisse suivre sans prérequis.Faut-il avoir vu les anciens films pour comprendre Le Nouveau Royaume (2024) ?
La franchise compte dix longs-métrages : cinq dans le cycle original (1968-1973), un remake en 2001, trois dans la trilogie reboot (2011-2017) et Le Nouveau Royaume sorti en 2024. Une suite à ce dernier est confirmée par le studio 20th Century Studios.Combien de films compte la saga La Planète des singes au total ?
Non. Le film de 2001 réalisé par Tim Burton est un remake indépendant, sans connexion narrative avec le cycle original ni avec la trilogie reboot. Il n’a pas eu de suite et peut être vu à n’importe quel moment de votre parcours dans la saga, ou être ignoré sans perdre de continuité.Le film de Tim Burton est-il lié aux autres films de la saga ?
Le film de 1968 reste un classique incontournable pour son twist et son propos politique. Cependant, La Planète des singes : L’Affrontement (2014) de Matt Reeves est souvent considéré par la critique comme le meilleur volet de toute la franchise, grâce à la performance d’Andy Serkis en César et à la profondeur de son conflit central avec Koba.Quel est le meilleur film de La Planète des singes ?
Oui. Au vu du succès commercial du film (plus de 397 millions de dollars au box-office mondial), 20th Century Studios a confirmé le développement d’une suite. Wes Ball devrait à nouveau réaliser le film, avec un retour attendu du personnage de Noa.Y aura-t-il une suite à Le Nouveau Royaume ?
Julien Marceau suit le cinéma depuis vingt ans, d'abord en salle obscure puis en salle de montage. Formé à la critique dans les revues indépendantes, il a couvert une quinzaine d'éditions de festivals, de Gérardmer à Cannes, et signe pour Versus Mag des décryptages, des portraits de cinéastes et des guides de visionnage. Il défend une idée simple : un film se raconte mieux quand on explique comment il a été fabriqué.


